Si il y a bien quelque chose sur Terre auquel j'aurai voulu échapper , c'est l'amour . Car selon moi , il n'y a rien de plus injuste au monde que ça . Mais , malgré ma réticence et mon dégout pour ce sentiment , je suis malencontreusement tombé trés profondément dedans .
33 jours que le coup de foudre m'a electrocuté , m'a bousillé . Au premier coup d'oeil , à la première vue de son visage sous son chapeau , j'étais foutue , cuite noyée . J'écoutais plus rien à ce qui se disait à cette foutue réunion d'entrée en seconde , je m'en contrefichai . Je l'avais vu , en face de moi , l'air nonchalant à regarder ailleurs . Et c'est finalement à partir de là que tout à commencé . Tout ou rien , en vérité . Les deux premières semaines , j'aimai le croiser juste que je le trouvais véritablement beau , avec sa guitare sur le dos et son style à part . Ca m'faisais juste plaisir de voir un visage agréable le matin . Subitement , il y a plus d'une semaine et demi , je ne me sentais plus pareil en sa " présence " . Je me sentais tiraillée , iritée . Je le regardai , de plus en plus intensement , de plus en plus longtemps , quitte à en perdre la tete . Quel était donc cela ? J'me suis dis " Mais Carole , ne connais tu pas le mot Amour ? " . Hé oui , c'est donc ça . Mais quelque chose m'échappe : Comment puis-je parler d'amour , alors que je ne lui ai pas adressé la parole une seule fois , dans la VRAIE vie ( exit MSN ) ? Cette question ne cesse de tramer dans mon esprit embrumé . Si les coups de foudre existent , encore faut'il être assez naive pour y croire . Mais ça y ressemble tellement que j'ai du mal à imaginer autre chose . Ca m'est devenu épuisant , des fois , je ne le supporte tellement plus que je redoute de le voir . Mais non , je le croise bel et bien tout les jours , entre les 4 murs de ce lycée . Infortuitement , dans ma tristesse , j'arrive à y déceler quelques brides de joie . Quelques fois , quand les traits de son visage , ses cheveux sur ses épaules me manquent , j'arrive à esquisser un sourire en le voyant de loin . Souvent , la jalousie me tiraille . Toutes ces jolies filles , ses amies , autour de lui me rendent folle de jalousie , oui . J'aime le voir rire , avec ce si joli sourire . J'aime l'entendre parler , avec sa voix grave et chaude . J'aime l'entendre jouer de la guitare , cet air mélodieux qui me reste en tête . J'aime le regarder pendant de longues minutes jusqu'à m'en bruler les yeux . Mais ce que j'aime par dessus tout , c'est croiser son regard , et voir son regard se poser sur moi .
Je ressens à ce moment là une vague d'émotion s'écraser en moi , contre ma cage thoraxique . J'aimerai tant , juste aller lui parler , même pour lui dire un trés simple " Hey , salut " . Rien que ça me suffirait . Sentir sa joue contre la mienne me ferait un bien fou , cela rechaufferait mon coeur glacé , brisé , delaissé . C'est fou ça , pleurer dans le vide . Je le vois passer devant moi dans cet étroit couloir bondé de monde , se coller à moi . Je retiens ma respiration , sans savoir vraiment pourquoi . Puis pleurer pendant le cours sur le " Pourquoi ne m'appartient t'il pas ? " . Oui , oui il sait que j'existe , mais qu'est ce que cela changera au fond ? Rien . Je ne l'aurai jamais . Nous sommes proches en étant si éloignés , en même temps . Aprés tout , qu'est ce qu'un homme comme lui , ferait avec une fille de mon genre ? Il serait fou , il mérite mieux , vraiment . Continuer à me morfondre dans l'attente d'une réaction tardive est mon projet premier . Jusqu'à ce que je n'en puisse plus , et que je m'écroule . Fucking S .